Opération séduction réussie pour la République dominicaine : les arrivées canadiennes bondissent de 13 %
by Derick Chetty
Tourism officials showcase the Dominican Republic in Toronto. (Supplied)
La République dominicaine souhaite démontrer aux voyageurs canadiens qu’elle ne se résume pas aux vacances à la plage dans des complexes tout inclus abordables.
Comme le souligne le slogan de l’une de ses campagnes touristiques colorées, la destination caribéenne « a tout pour plaire ».
Une délégation de plus de 30 entreprises touristiques, allant des hôtels aux compagnies aériennes, menée par le ministre du Tourisme de la République dominicaine, David Collado, s’est rendue au Enercare Centre de Toronto, le lundi 26 octobre, à l’occasion du Dominican Republic Trade Show.
Environ 1 150 participants, dont des voyagistes canadiens, des conseillers en voyages et des dirigeants de compagnies aériennes venus de Montréal, Toronto, Halifax et même de certaines villes de l’Alberta, ont pris part à une journée de réseautage avec différents établissements hôteliers. Ils ont également pu s’initier à la cuisine dominicaine et à la fabrication d’objets artisanaux traditionnels.
« Le Canada est un marché très important pour la République dominicaine », a déclaré Jennifer Elias Franjul, directrice du marketing international au ministère du Tourisme de la République dominicaine, lors d’un entretien avec Travel Market Report Canada. « Il s’agit de notre deuxième marché en importance pour les arrivées touristiques. »
Une relation privilégiée avec le marché canadien
Depuis le début de l’année, la République dominicaine a enregistré une hausse de 13 % du nombre de touristes canadiens, portant leur nombre à près d’un million de visiteurs.
Selon Mme Franjul, l’objectif du salon était notamment de mettre en valeur d’autres segments en pleine croissance de l’industrie touristique du pays, notamment les voyages de luxe et les séjours axés sur le bien-être.
Four Seasons ouvrira son premier établissement dans le pays l’an prochain, à Miches, tandis que Ritz-Carlton poursuivra son expansion avec de nouvelles propriétés de luxe.

Selon Mme Franjul, Miches, une ville côtière située dans le nord-est du pays, cherche à se positionner comme une destination de luxe durable et d’écotourisme.
Encore moins connue que certaines autres destinations balnéaires de la République dominicaine, Miches se distingue par ses kilomètres de plages, ses montagnes, son imposante chute d’eau et sa faune marine, notamment les tortues de mer et les baleines à bosse qui fréquentent ses eaux chaque année.

Elle a souligné que la République dominicaine continuera d’attirer les grands groupes, notamment pour les mariages et les congrès, tout en cherchant à séduire de nouvelles clientèles, dont les amateurs de golf et les voyageurs en quête d’aventure souhaitant découvrir le pays au-delà de ses plages.
Il n’est donc pas surprenant que la République dominicaine intensifie ses efforts promotionnels pour attirer davantage de touristes vers ses destinations ensoleillées.
Avec les restrictions touchant les voyages à Cuba et les snowbirds canadiens moins enclins à se rendre en Floride, dans un contexte de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, plusieurs voyageurs pourraient être à la recherche de nouvelles options pour leurs vacances hivernales.

Pour rassurer les Canadiens préoccupés par l’instabilité politique en Haïti, pays voisin avec lequel la République dominicaine partage l’île d’Hispaniola, Mme Franjul a affirmé que les troubles actuels demeurent circonscrits au territoire haïtien.
Elle a également mentionné que la République dominicaine avait récemment mis sur pied une unité policière spéciale chargée de répondre aux besoins des touristes.
Arajet poursuit son ascension
Alors que la République dominicaine continue de diversifier son offre touristique, une tendance inattendue se dessine : les voyageurs découvrent que le pays constitue également une porte d’entrée abordable vers d’autres îles des Caraïbes et de grandes villes sud-américaines, notamment São Paulo et Santiago.

La compagnie aérienne à bas prix Arajet, qui propose quatre vols réguliers vers la République dominicaine au départ de Toronto et de Montréal, tout au long de l’année, permet aux Canadiens d’accéder à un réseau de plus de 30 destinations. Exploitant une flotte de Boeing 737 MAX 8, Arajet dessert le marché canadien depuis trois ans.
« Actuellement, 20 % des passagers qui voyagent au départ du Canada effectuent une correspondance à destination ou en provenance de l’Amérique du Sud, principalement de l’Argentine et du Brésil », a expliqué Victor Pacheco, fondateur et chef de la direction de la compagnie, à Travel Market Report Canada.
Selon lui, l’objectif derrière la création d’Arajet était de faire de la République dominicaine une plaque tournante du transport aérien.
« Et aujourd’hui, nous constatons réellement que cette stratégie porte ses fruits auprès de nos passagers canadiens », a-t-il ajouté.
Lors de son allocution à la conférence de presse, il a également tenu à souligner la forte croissance de la demande provenant du marché canadien.
« Le mois dernier, nous avons enregistré une croissance de 50 % », a-t-il déclaré.
Tout au long de la journée, l’importance des voyageurs canadiens et de leurs retombées économiques pour l’industrie touristique dominicaine a été maintes fois soulignée. Mais qu’est-ce qui fait des Canadiens des visiteurs si appréciés?
Comme l’a résumé Mme Franjul : « Ils ont un grand cœur, aiment faire la fête, aiment danser et sont très terre-à-terre. »
Des qualités qui ne sont pas sans rappeler celles des Dominicains eux-mêmes.





