Les compressions de commissions d’Air Canada font réagir les conseillers lors de TMP Toronto
by Daniel McCarthy
La décision d’Air Canada de réduire les commissions versées aux agences de voyages était l’un des principaux sujets de discussion parmi les conseillers présents à TMP Toronto.
La compagnie aérienne a récemment laissé entendre, discrètement, qu’elle réduirait la rémunération des agences de voyages. Selon La Presse Canadienne, certains détaillants auraient vu leurs commissions être réduites de moitié, pour atteindre environ 4 % à 5 %, alors qu’Air Canada continue de faire face à une hausse des coûts du carburant qui pèse sur sa rentabilité.
La compagnie a indiqué à l’agence de presse qu’elle subit une forte pression sur ses coûts, principalement en raison de l’augmentation des prix du carburant aviation. Air Canada affirme que ses coûts de distribution via les agences augmentent plus rapidement que les revenus générés, une situation qu’elle juge non viable à long terme.
La question demeure maintenant de savoir si ces réductions de commissions seront permanentes ou temporaires, le temps que les prix du carburant reviennent à des niveaux plus bas. TMR a contacté Air Canada afin d’obtenir des précisions, mais la compagnie n’avait toujorus pas répondu au moment de publier.
Les conseillers rencontrés lors de TMP Toronto cette semaine ont indiqué avoir appris la nouvelle non pas par Air Canada, mais plutôt par l’Association canadienne des agences de voyages et des conseillers en voyages (ACTA).
Dans une déclaration, la présidente de l’ACTA, Suzanne Acton-Gervais, a exhorté Air Canada à reconsidérer sa décision, qualifiant ces changements de « coup dur inattendu et important » qui aura de sérieuses conséquences pour de nombreuses entreprises du secteur à travers le pays.
« Annoncés avec une courte période de transition, ces changements ont pris de nombreuses agences par surprise, alors qu’elles avaient déjà pris des décisions d’affaires, de dotation et d’investissement en fonction des ententes existantes », a déclaré Suzanne Acton-Gervais, ajoutant que les consommateurs comptent plus que jamais sur l’expertise et les services des conseillers pour naviguer dans un contexte de perturbations complexes.

L’ACTA a confirmé avoir déjà rencontré Air Canada à deux reprises, avoir communiqué officiellement ses préoccupations à l’équipe de direction de la compagnie aérienne et avoir également porté le dossier à l’attention du gouvernement fédéral.
Suzanne Acton-Gervais a souligné que, considérant que les perspectives géopolitiques au Moyen-Orient se sont améliorées et que les prix du pétrole ont connu un recul important depuis l’annonce des mesures, la compagnie devrait considérer ses partenaires comme une extension de son réseau plutôt que de les voir uniquement sous l’angle des coûts de distribution.
« Nous croyons que le succès à long terme de l’écosystème du voyage repose sur un partenariat durable qui reconnaît le travail accompli par les agences de voyages et les conseillers en voyages, et qui les rémunère équitablement pour la valeur qu’ils créent », a ajouté Suzanne Acton-Gervais.
Air Canada, comme plusieurs autres transporteurs, a également choisi de réduire certaines liaisons moins rentables. Parmi elles figurent plusieurs routes transfrontalières, notamment Toronto (YYZ) – Charleston (CHS), Montréal (YUL) – Austin (AUS) ainsi que Toronto (YYZ) et Montréal (YUL) – New York (JFK).
La compagnie s’est aussi complètement retirée de certains aéroports régionaux desservant de plus petites communautés, dont North Bay (YYB) et Bathurst (ZBF). Cette décision permettrait à Air Canada de réduire ses coûts liés aux frais d’utilisation des portes d’embarquement ainsi qu’aux dépenses opérationnelles.
L’ensemble de ces changements est attribué à la hausse du prix du carburant. Selon l’Association du transport aérien international (IATA), au début du mois de juin, le prix moyen mondial du carburant aviation atteignait 152 $ US le baril. Cette hausse aurait ajouté 100 milliards de dollars US à la facture énergétique totale de l’industrie cette année, poussant l’IATA à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfice net mondial pour 2026, presque de moitié, à 23 milliards de dollars US.





