C’est confirmé, les agents de bord de WestJet sont en grève, des centaines de vols sont annulés
by Catherine Maisonneuve et Bruce Parkinson
Photo: Dutchmen Photography / Shutterstock.com
C’est confirné, pour un deuxième été de suite, des dizaines de milliers de Canadiens verront leurs projets de voyage estivaux perturbés alors que plus de 4 000 agents de bord de WestJet ont déclenché une grève à minuit dimanche, heure de Calgary. À pareille date l’an dernier, c’était la grève des agents de bord d’Air Canada qui avait lieue.
Au cours du weekend, WestJet avait annulé de façon préventive environ 300 vols prévus du 1er au 3 août, afin d’éviter que des passagers, des membres d’équipage et des appareils ne se retrouvent immobilisés loin de leur destination. En estimant une moyenne de 150 passagers par vol à bord des 737 et 787 de WestJet, près de 50 000 passagers avaient déjà vu leur vol annulé avant même le déclenchement du conflit de travail.
« Nous sommes déçus d’en être arrivés là. Cette situation a des répercussions directes sur les projets de voyage de nos invités, sur nos employés de WestJet ainsi que sur les communautés et les entreprises que nous desservons », a déclaré Alexis von Hoensbroech, chef de la direction du Groupe WestJet.
« Notre priorité demeure de rester disponibles afin de parvenir à une entente avec le syndicat. Nous avons présenté une proposition qui aurait établi une nouvelle norme pour le personnel de cabine au Canada, faisant de WestJet la seule compagnie aérienne à offrir un taux horaire couvrant tout le temps travaillé avant et après les vols, en plus d’une augmentation salariale à deux chiffres dès la première année, parmi d’autres priorités soulevées par le syndicat. Malheureusement, cette proposition n’a pas été acceptée. »
Les négociateurs de la compagnie aérienne et de ses employés ont poursuivi les discussions jusqu’à l’heure même où le syndicat était légalement autorisé à déclencher une grève.
La compagnie aérienne affirme que tous les passagers touchés seront remboursés ou réacheminés, selon le cas. Les passagers ayant réservé directement auprès de WestJet recevront des mises à jour à l’adresse courriel fournie au moment de la réservation. Ceux qui ont réservé par l’intermédiaire d’un conseiller en voyages ou d’une plateforme tierce sont invités à communiquer directement avec eux.
Pour les voyageurs canadiens, la situation a un air de déjà-vu, puisque les agents de bord d’Air Canada avaient également déclenché une grève à presque pareille date l’été dernier. Le gouvernement leur avait ordonné de retourner au travail dans les 12 heures, mais ils avaient défié cette ordonnance.
La compagnie aérienne et le syndicat représentant ses 10 000 agents de bord avaient conclu une entente de principe le 19 août 2025, avec l’aide d’un médiateur en chef nommé par le gouvernement fédéral. Il avait ensuite fallu plusieurs jours avant que les opérations reviennent à la normale. Air Canada avait estimé le coût de la grève à 375 millions de dollars.
À la suite de l’annonce de la grève, la composante WestJet du SCFP a publié une déclaration affirmant être prête à poursuivre les négociations et exhortant le gouvernement à ne pas intervenir.
« Nous espérons que le gouvernement fédéral n’interviendra pas et qu’il laissera le processus de négociation suivre son cours », a déclaré Alia Hussain, présidente du SCFP 8125. « Le travail non rémunéré représente une part importante de nos priorités, mais nous négocions pour obtenir une convention collective complète.
« Nous n’en serions pas là si nos préoccupations avaient été prises au sérieux au cours des près de 11 mois de négociations. »
Pendant le weekend, WestJet a publié un communiqué détaillant la plus récente offre présentée au syndicat. La compagnie aérienne affirme proposer à ses agents de bord une augmentation salariale de 13 % la première année, suivie d’augmentations de 2,5 % au cours des deuxième, troisième et quatrième années de la convention collective.
Ces chiffres ne sont pas très différents de ce qu’ont obtenu les membres du personnel de cabine d’Air Canada l’an dernier, mais le SCFP affirme qu’un écart salarial existait déjà entre la plus grande et la deuxième plus grande compagnie aérienne du Canada et qu’il doit être corrigé. À titre de comparaison, les agents de bord d’Air Transat avaient négocié en 2022 une augmentation salariale cumulative de 30 % sur cinq ans.
Dans une publication sur les réseaux sociaux tôt dimanche, la ministre fédérale de l’Emploi, Patty Hajdu, a qualifié la grève de développement décevant.
« Nos meilleurs médiateurs travaillent sans relâche avec le SCFP et WestJet et demeurent disponibles pour les aider à parvenir à une entente le plus rapidement possible », a déclaré Hajdu. « Le gouvernement fédéral maintiendra toujours que les meilleures ententes sont celles qui sont conclues à la table de négociation. »
Au cœur du conflit se trouve ce que le syndicat qualifie de « travail non rémunéré ». WestJet affirme que son modèle de rémunération « combine le temps de vol, les tâches au sol, les retards et les autres tâches obligatoires en un seul taux de rémunération plus élevé ». La compagnie aérienne affirme qu’il s’agit du « modèle de rémunération standard pour le personnel de cabine en Amérique du Nord ».
Le SCFP soutient toutefois que ses membres travaillent en moyenne environ 35 heures par mois sans être rémunérés, notamment lorsqu’ils aident les passagers à embarquer à bord des avions ou lors de retards au sol.




