Journée de l’ACTA sur la Colline : l’industrie du voyage interpelle Ottawa
by Pascale-Lou Angelillo
Photo: ACTA
L’Association canadienne des agences de voyages et des conseillers en voyage franchit une nouvelle étape dans ses efforts de représentation en organisant, le 24 mars, sa toute première « Journée de l’ACTA sur la Colline » à Ottawa. Cette initiative rassemble les principaux acteurs de l’industrie afin de faire valoir les enjeux et priorités du secteur auprès des décideurs fédéraux.
Pour l’occasion, les membres du conseil d’administration, du Conseil des dirigeants d’agences de voyages (TALA) ainsi que des comités consultatifs régionaux de l’ACTA rencontrent des sénateurs, députés et représentants gouvernementaux. L’objectif est de discuter de la manière dont les politiques fédérales peuvent mieux soutenir les entreprises de voyage alors que l’évolution de la demande des consommateurs, les pressions frontalières et les mutations du marché mondial continuent de
transformer le paysage de l’industrie.
Un secteur en transformation
Dans un contexte marqué par l’évolution des comportements des voyageurs, les pressions frontalières et les changements structurels du marché mondial, l’ACTA souhaite rappeler que le voyage demeure un moteur économique essentiel. Les agences et les conseillers en voyages jouent un rôle central dans l’écosystème touristique canadien, avec une présence dans la majorité des circonscriptions du pays.
« Cette journée sur la Colline permet d’apporter l’expérience concrète de nos entreprises directement au cœur des discussions fédérales, à un moment où notre secteur navigue à travers des changements majeurs », a déclaré Suzanne Acton-Gervais, présidente de l’ACTA. « Les décisions fédérales influencent de plus en plus la capacité de notre secteur à être compétitif, à croître et à servir les voyageurs partout au Canada ».

Cinq priorités pour soutenir l’industrie
Au cœur des discussions, l’ACTA met de l’avant cinq recommandations visant à renforcer l’industrie canadienne du voyage.
La première concerne la reconnaissance mutuelle des permis entre provinces et territoires, ainsi qu’une harmonisation des règles de protection du consommateur et de l’assurance voyage. Une telle mesure permettrait aux entreprises d’opérer plus efficacement à l’échelle nationale.
L’ACTA plaide également pour un soutien ciblé aux conseillers en voyages, particulièrement ceux affectés par les changements du marché américain. Cela inclut des initiatives de formation, de certification, le cofinancement du marketing de diversification et l’expansion des programmes de formation et de certification (incluant des subventions salariales pour l’emploi des jeunes) adaptés aux conseillers en voyages.
Autre priorité : l’accès au marché numérique. L’association propose la création de subventions pour aider les petits fournisseurs touristiques, notamment autochtones, à intégrer les grandes plateformes de réservation internationales.
L’ACTA recommande aussi la mise en place d’une option canadienne de « voyageur digne de confiance », complémentaire au programme NEXUS, afin d’accélérer le contrôle domestique et la réentrée des Canadiens préapprouvés, assurant la continuité du service lors de perturbations opérationnelles ou géopolitiques.
Enfin, l’organisation insiste sur la nécessité d’assurer une stabilité des coûts dans le secteur aérien, en évitant l’ajout de nouvelles charges qui pourraient se répercuter sur les prix pour les consommateurs.

Une voix pour les PME et les régions
Au-delà des enjeux nationaux, cette journée permet également de faire entendre la réalité des entreprises locales. « Le travail de défense de l’ACTA englobe aussi bien les partenaires de l’industrie que les priorités provinciales et fédérales, car les entreprises de voyage évoluent dans des environnements réglementaires multiples », a souligné Monica Johnstone, présidente du conseil d’administration de l’ACTA. « Plusieurs sont des petites et moyennes entreprises, souvent dirigées par des femmes. Porter ces conversations sur la Colline du Parlement garantit que les décideurs
entendent directement les réalités de ces entreprises à travers le Canada ».
Du côté du Québec, Serge Malaison, directeur général de Voyages Centaure, souligne l’importance de porter la voix des acteurs provinciaux dans ces discussions, compte tenu des particularités réglementaires propres à la province. « C’est une occasion cruciale de porter la perspective des agences et des conseillers en voyages du Québec directement à Ottawa », a affirmé Serge Malaison, directeur général de Voyages Centaure. « Nos membres gèrent bon nombre des mêmes pressions nationales tout en opérant dans un cadre réglementaire provincial distinct ».
Une contribution stratégique à l’économie
L’ACTA rappelle que les agences de voyages contribuent directement à la connectivité commerciale, aux échanges et à la croissance économique du pays. Pour Brian Robertson, président de Direct Travel, il est essentiel que les politiques fédérales reconnaissent cette contribution stratégique.
Avec cette première Journée sur la Colline, l’ACTA souhaite établir un dialogue durable avec les instances gouvernementales et positionner le secteur du voyage comme un levier de l’économie canadienne. Une démarche qui pourrait s’avérer déterminante dans un contexte où l’industrie continue de se redéfinir.






